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Philosopher sur le thème de la discrimination

Philosopher sur le thème des discriminations


Dans notre vie quotidienne et dans nos conversations avec les gens, nous utilisons souvent des concepts que nous considérons comme évidents, mais dont nous ne connaissons pas la signification exacte. En philosophant, nous cherchons la signification de ces concepts. En posant des questions à vos élèves, vous les aidez à trouver les fondements de leurs jugements et de leurs opinions. C’est à partir de ces derniers que seront formulées les questions de l’activité.


Nous voulons commencer par dissiper un préjugé majeur, à savoir que philosopher serait quelque chose de réservé aux élèves de l'ASO, au contraire : la spontanéité des élèves de l'BSO a donné lieu à des conversations au moins aussi profondes. Philosopher n'est pas une question de langage, mais présuppose de la spontanéité, des réactions, de l'ouverture, du respect et de l'intérêt pour l'autre. Les élèves ont le sentiment que leur opinion compte, qu'on les écoute, qu'on leur permet de se faire leur propre opinion face à des dilemmes stimulants, par exemple. Ce sentiment initial les aide à participer activement et à s'engager pleinement dans une conversation.


L'organisation d'une conversation philosophique se fait en cercle : les élèves et l'enseignant (en tant qu'animateur de la discussion) sont donc égaux.


Philosopher, cependant, est plus qu'une "conversation agréable", le but est d’approfondir les jugements et les opinions sur certaines choses. Il est donc important de structurer la conversation par le biais de plusieurs grandes questions. Les élèves doivent apprendre à porter un regard créatif sur le monde et sur eux-mêmes.


  • Quand suis-je chez moi quelque part (Citoyenneté et société) ?

  • Mon origine détermine-t-elle ce que je pense et ressens (citoyenneté et société) ?

  • Les jeunes peuvent-ils changer la société ? (Citoyenneté et société)

  • D'où vient le racisme ? (Citoyenneté et société)

  • Est-ce votre propre faute si vous êtes pauvre ? (Citoyenneté et société)

  • Le monde n'est-il qu'un grand village ? (citoyenneté et société, conscience spatiale)

  • Les différences culturelles sont-elles un enrichissement ou une limitation ? (Citoyenneté et société)

  • Existe-t-il une liberté sans frontières ? (Citoyenneté et société, éthique)

  • Une société idéale est-elle possible ? (Citoyenneté et société, éthique)

Ce sont des exemples de questions philosophiques de départ pour lesquelles il n'y a pas d'attente de réponse précise. L'accent est moins mis sur la "réponse" que sur l'exploration réfléchie de cette question. Les questions peuvent d'une part provenir des élèves eux-mêmes (pour les laisser faire ce choix eux-mêmes), mais peuvent aussi être suggérées par l'enseignant (si la réponse des élèves est moindre).

Philosopher : il ne s'agit pas nécessairement de poser des questions abstraites, mais de parvenir avec vos élèves à une conversation structurée sur des questions sociales telles que la justice et le vivre ensemble. Il s'agit d'une forme de travail expérimental axé sur le processus, où les élèves doivent réfléchir à eux-mêmes, à leur position dans le monde et à leur relation avec les autres.

Cette réflexion se fait toujours à partir d'un stimulus accessible (une image, un extrait de film ou une anecdote intéressante) à partir duquel il est possible de philosopher.

Durant une discussion philosophique en classe, l'enseignant n'enseigne pas lui-même, mais suit la conversation en tant qu'animateur de la discussion. Il met les élèves eux-mêmes au défi de penser de manière critique et de poser des questions de manière indépendante.

Le mouvement que nous suivons ici est le suivant : 1) du concret à l'abstrait 2) de l'anecdotique au contemplatif 3) du guide à l'indépendant.

Les élèves apprennent non seulement à formuler mais aussi à justifier leurs opinions, en engageant un dialogue constructif avec les autres.

Philosopher est aussi une activité pour le professeur

Pratiquer la pensée philosophique peut également être un moyen pour l'enseignant de faire face à des déclarations polarisantes dans la classe. En tant qu'animateur de discussions philosophiques, l'enseignant apprend à se distancier de certains préjugés. En philosophant, on apprend réellement à comprendre ce qu'un élève veut dire par une affirmation spécifique, parfois provocante (cf. qu'est-ce que tu entends par... , etc.).

Ce genre d’exercice a pour conséquence de faire disparaitre le sentiment d'inutilité et d'infériorité que peuvent ressentir les élèves. Il a également été démontré que les élèves deviennent plus à l'écoute et ont un comportement moins agressif par le biais de ces exercices.

Annexe : feuille de route pour la conversation philosophique (Source : Kristof Van Rossem, www.kristofvanrossem.be)


La carte de Socrate

Par K. Van Rossem


Trouver une question centrale à laquelle les participants aimeraient avoir une réponse. Assurez-vous que la question soit :


  1. Brève (maximum 8 mots)

  2. Authentique : la question vous intéresse et vous souhaitez réellement entendre la réponse des élèves !

  3. Claire

  4. Qu’elle puisse susciter des réponses qui ne soient ni juste ni fausses mais qui amène un degré de réflexion certain (éviter les questions du type “de quelle couleur est un iguane” mais plutôt, « pouvez-vous comprendre les animaux ? » ou encore « quelle est la responsabilité sociale d’un chef d’entreprise »).

  5. Qu’elle offre la possibilité aux élèves de partager leurs expériences personnelles

  6. Qu’elle soit formulée de telle manière que toute personne lisant la question (même sans expérience en la matière) doit la trouver compréhensible


Vous pouvez laisser les élèves formuler la question, éventuellement à l'aide d'une impulsion ou d'un exercice. Vous pouvez également leur présenter un certain nombre de questions de départ. Voir par exemple la liste « matériel » sur la page d'accueil de socraticconversation.be.


Demander aux participants :

  1. Une expérience récente

  2. Qui leur est propre

  3. Durant laquelle ils ont dit ou fait quelque chose de concret. Demandez un moment vivant avec une action concrète (pas une pensée ou une considération).

  4. Quel est le point de vue qui correspond à la question


En fonction du temps disponible, prenez la première meilleure histoire qui se présente, ou faites-en raconter plusieurs et choisissez celle qui est la plus appropriée. L’exemple choisit doit avoir une histoire la plus détaillée et la plus concrète possible.


Les participants posent des questions de clarification jusqu’à ce que le contexte au sein duquel se déroule l’histoire soit le plus clair possible et que tous les détails pertinents aient été énoncés. A ce stade, les participants ne peuvent poser que des questions factuelles, c’est-à-dire des questions sur les considérations, les motivations pour lesquelles quelqu’un a fait quelque chose. En outre, ces questions doivent être des questions pertinentes, et relatives au moment où cette action s’est produite.


Vous demandez au narrateur de vous faire part de son point de vue (affirmation principale) et des arguments qu’il a à faire valoir. Vous écrivez les réponses de l’élève au tableau et vous suivez littéralement les paroles de l’élève. Même si vous pensez que « ce n’est pas un argument », vous écrivez tout ce qui vient après le « parce que » explicatif de l’élève.


Exemple : "Lorsque j'ai embauché ce salarié hier, j'ai pris ma responsabilité sociale en tant que chef d'entreprise car … » :

  • « Il est chômeur de longue durée, c’est pour ça qu’il n’est pas à la rue «

  • « Je donne l’exemple à d’autres chefs d’entreprise grâce à mon action »


Vous demandez maintenant à chaque participant de faire de même et d’écrire une réponse à la situation exprimée en se référant à l’exemple donné. Il se peut que les élèves soient d’accord avec le narrateur, il se peut aussi qu’ils ne le soient pas. Veillez à ce que les réponses apportées par les élèves concernent bien le cas qui a été évoqué. Si nécessaire, proposez le format suivant pour obliger les participants à s’en tenir au factuel : « quand X à fait Y, c’était Z parce que … »


Exemple : « Quand Jan a embauché cet employé, il n'a pas pris/ a pris sa responsabilité sociale parce que ... »

  • « Il pensait que le candidat avait les qualités requises et parce qu’il fait passer les intérêts de la compagnie en premier »

  • « Le salarié n'a pas besoin d'une aide particulière"


(Pour les grands groupes) Tout d’abord : demandez aux participants de comparer les différentes réponses et arguments en les faisant échanger par groupes de deux ou trois. Assurez-vous que les points de vue et les arguments sont compris et peuvent répétés avant de les critiquer.


Vous pouvez utiliser le schéma suivant dans un contexte de classe pour donner une certaine structure à cette conversation. Vous demandez à l'élève d'écrire :


  • Ce sont les arguments de mon voisin : .....................

  • Je pense que ce sont de bons arguments : ...................

  • Voici les raisons pour lesquelles je pense que ces arguments sont bons : .................

  • Je ne pense pas que ces arguments soient bons : ................................

  • Voici les raisons pour lesquelles je ne pense pas que ce soit un bon argument : ...............


(Pour des petits groupes) Ecrivez les points de vue et l’argument côte à côte sur un tableau. En face, écrivez l’opinion du narrateur.


Après cela, discutez avec tout le groupe des différences de points de vue et d’argumentaires. En tant que facilitateur, à partir du moment où ces points de vue et arguments sont discutés en groupe, effectuez les mouvements socratiques (affirmer, expliquer, concrétiser, écouter, questionner) encore et encore. Suivez le cours de la conversation comme elle se déroule et, le cas échéant, posez une question qui permettra de relancer le mouvement.


Avec le groupe, effectuez une évaluation de la conversation.


Vous pouvez vous concentrer ici sur la forme de la conversation/les compétences acquises. Pour ce faire, référez-vous à la liste des compétences socratiques et demandez-leur de cocher, par exemple, certaines compétences qu'ils pensent avoir utilisées. Vous pouvez également vous concentrer sur le contenu de la conversation. Quelques questions que vous pouvez poser aux participants à ce sujet :


  • Quelles nouvelles perspectives avez-vous entendues sur votre propre argument ?

  • Dans ce groupe, qui vous a fait réfléchir/remettre en question vos opinions et pourquoi ?

  • Quelle est votre réponse à la question de départ ?

  • Quelle nouvelle question pensez-vous qu'il faille répondre maintenant ?


Par K. Van Rossem



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